Thème 3 : Un pacte maudit pour la souffrance

Publié le par anais

Il était allongé sur son lit repensant sans cesse à ces dernières semaines. Tout n’était que chaos et douleur dans son esprit. Une douleur brûlante qui écrasait ses poumons de son poing vengeur. Il l’avait mérité, c’était ce qu’il se répétait toute la journée, toute la nuit. Il ne pouvait échapper à sa culpabilité et celle-ci l’empoisonnait, détruisant chacun de ses organes. Il était allongé sur son lit depuis trois jours sans faire attention au martellement contre sa porte. Allongé, perdu, il était hanté par ces images, ne demandant plus qu’a mourir. Il savait maintenant que tout ceci était sa punition pour avoir accepté ce pacte maudit.

 

*

« Le paysage était lugubre, une épaisse brume sortait du sol, l’air était suffocant. Le silence était maître sur cette plaine et nos deux voyageurs égarés tremblaient, non de froid mais de peur. Une peur insoutenable qui écrasait leurs poumons, arrachait leurs entrailles et laissait leur corps à la merci de spasmes incontrôlés. Ils savaient qu’ils ne passeraient pas la nuit. Comme pour répondre à leurs craintes, le silence laissa place à des grattements. D’étranges grattements provenant de sous leurs pieds. Ils auraient voulu fuir, mais tout courage avait déserté leurs muscles maintenant et ils restaient là, terrifiés, attendant leur mort. Les minutes s’écoulèrent sans que rien ne se passe, à part ces bruits de plus en plus proches. Puis quelque chose remua. Une motte de terre se format à quelques centimètres de là où ils se trouvaient. L’un deux, le plus jeune, pris d’un accès de curiosité dépassant sa peur, se rapprochât et alors une main décharnée d’où s’échappait des morceaux de peau en lambeau s’arracha  à la terre et vint se serrer autour de sa gorge. Il tenta d’appeler à l’aide mais le seul son audible était un immonde gargouillis tandis que ses yeux commençaient à sortir de leurs orbites. De toute manière, son compagnon aurait été dans l’incapacité de l’aider. Tout autour d’eux, sortant de sous la terre, des êtres qui furent autrefois appelés humains les encerclaient. Ils attrapèrent le deuxième voyageur et le dévoraient malgré ses hurlements… »

 

Il s’arrête d’écrire, regarde par la fenêtre et voit le paysage d’une forêt sous le soleil qui défile devant ses yeux. Une histoire de zombie ; comment avait-il pût se retrouver à écrire une stupide histoire de zombie ? Son inspiration était vide, sa muse l’avait-elle abandonnée ? Depuis deux longues heures que ce train filait à toute vitesse, il n’avait été capable de sortir que ces quelques phrases ; lui, le maître incontesté des romans de science fiction. Cela faisait quelques temps que ses livres avaient perdu de leur éclat et ses fans l’avaient ressenti. Il ne pouvait se permettre un nouvel échec. L’écriture était sa raison de vivre. Sans elle fallait-il vraiment continuer ? Son imagination devenu un désert aride, il avait perdu le goût de tout. Il se nourrissait par simple nécessité mais sans aucun plaisir. En fait sa seule envie depuis qu’il était né avait été d’inventer des personnages fictifs et de raconter des histoires. C’était une personne solitaire qui s’était coupé du reste du monde, éloignant le peu d’amis qu’il s’était fait au cours de sa jeunesse, et sa famille. On aurait put dire de lui que c’était un homme taciturne et seul et avant, il aurait dit que non, que les gens qu’il côtoyait était simplement visible que par lui. Mais aujourd’hui, ses amis imaginaires l’avaient également abandonné. Il sentait au creux de son cœur comme un manque, il ignorait comment vivre sans la présence rassurante de son imagination. Il ignorait comment prendre du plaisir puisque jusqu’à aujourd’hui son seul véritable plaisir était l’écriture. Comment oublier l’allégresse de son esprit quand ses doigts caressaient le clavier avec passion. Comment ignorer le fait que son esprit mourrait tandis que cette enveloppe corporelle persistait.

 

Le train venait de faire un arrêt, tandis que ses pensées restaient tournées vers de sombres horizons. «  … Un vrombissement se fit entendre dans la plaine éloignant les pensées des créatures de leur repas. Au loin un énorme 4*4 arrivait ; à son bord, quatre hommes lourdement armés. Alors que la voiture fonçait droit sur les zombis, les quatre occupants sautairent dans un cri et tiraient sans aucune pitié… »

Voilà que maintenant il incluait dans son histoire des chasseurs de zombis. Il tombait dans le cliché le plus affligeant de toute sa vie d’écrivain. Il aurait dû se faire une raison, désormais ses histoires manquaient de subtilité et de caractère. Ses mots manquaient de passion et d’intensité et reflétait l’homme qu’il était devenu ; inutile et sans intérêt. Il devrait apprendre à vivre différemment, mais voilà, dans son cœur un dragon se cachait. Ce monstre impitoyable s’était installé il y a quelques années déjà alors qu’il n’avait que vingt ans et que son imagination était à son paroxysme. Il s’était installé et avait patiemment attendu son heure, plantant ces griffes acérées dans son estomac, enroulant sa queue le long de son œsophage, contrôlant désormais son système nerveux, pourrissant son cœur et distillant lentement l’impitoyable réalité dans son organisme. Ce monstre était né de sa peur d’échouer, sa peur de ne pas être unique, une dépression lente qu’il n’avait même pas vue arrivé. Voilà qui était ce monstre, sa propre noirceur, la laideur de son âme égoïste, persuadé d’être important à ce monde. Alors le monstre plongea l’homme dans une triste et fatale agonie qui pris plusieurs années avant d’arriver à ce jour, dans ce train, où l’homme pris enfin conscience de sa médiocrité et en mourût.

 

Accablé par ses échecs, il prend sa tête dans ses mains et soupire. Il reconnait alors le monde pour ce qu’il est, un monde abject peuplé d’êtres insipides et pour la première fois de sa vie il prend conscience qu’il en fait partie. Il laisse échapper un gémissement mais il préférerait hurler. Hurler sa haine pour cette planète et ces habitants ; cracher sa répugnance à son visage. Il déteste la famille installée sur le carré au milieu du train, il exècre cette vielle dame et son chien à la place 48 ; mais plus que tout, il voudrait tuer cet homme assis à ses cotés qui depuis plus d’une heure sourit. Pourquoi diable sourit-il ?

Il se tourne de nouveau vers la fenêtre, espérant oublier les battements de son cœur qui cognent de plus en plus fort contre les parois de ses côtes. Sa respiration se fait plus rapide. Parfois il aimerait avoir le pouvoir d’éteindre ses émotions, pour qu’enfin cessent ses angoisses. Mais voilà, ce n’est qu’un être humain, un homme impuissant qui contemple avec amertume l’échec de sa vie. Il remue, exaspéré par le ralentissement du train. Puis une voix retentie dans la voiture : « nous sommes immobilisé au milieu des voies, pour votre sécurité, veuillez ne pas ouvrir les portes merci. ». Il regarde sa montre, anxieux, cette sensation d’enfermement commence à lui peser. Il veut sortir !

 

**

Il est allongé sur son lit et les larmes coulent le long de ses joues. Il est écœuré d’avoir crut à tous ces mensonges d’un bonheur possible. Car après tous, qu’est ce que le bonheur si ce n’est qu’une idée pathétique, un fantasme que l’on inculque aux enfants pour que devenu adultes, ils acceptent sans rechigner une vie stupide faite d’incompréhension et dénuée de sens. On passe notre temps à laver la vaisselle pour la salir quelques heures plus tard, avant de la laver à nouveau. Voilà ce qu’est la vie, une erreur : des sentiments et des actions ridicules qui nous coincent dans une boucle sans fin. Il est dans son lit, prends sa tête dans ses mains et appui pour tenter d’éradiquer le mal qui écrase son cerveau. Il hurle et pour quelques minutes, cela le soulage. Quelques minutes de répit qu’il apprécie, savoure, avant de vomir dans un haut le cœur par-dessus le matelas. Tout lui apparait enfin dans sa pure vérité, une risible vérité qui le tue et l’assassine. Sa respiration est douloureuse mais il n’a plus la force de s’extirper des draps pour quelques bouffées de ventoline posé à l’autre bout de la pièce.

Il n’est personne, il n’est personne, il n’est personne…

Ces mots martèlent son crâne et lui rappelle sa médiocrité. Alors son dragon niché dans son ventre lacère ses entrailles de ces griffes. Tu n’es rien, dit-il, alors rejoint le néant et abandonne cette âme qui te torture. Elle n’est déjà plus la tienne. Tu n’es personne, disparais.

 

***

Il y a foule dans cette grande librairie parisienne. Tous sont venus pour rencontrer leur idole, le maître incontesté de la littérature. On se pousse, on s’insulte, pour recevoir une minuscule signature. Ca discute aussi, ça argumente sur ce livre tant craint d’abord, puis tant aimé. Craint, explique une femme, craint car les cinq derniers romans de l’écrivain étaient franchement médiocres et sans grand intérêt. Une critique fort sévère bien que juste, cela, notre écrivain le savait. Heureusement, son nouveau livre était un succès. En l’espace de quelques semaines il s’était classé numéro un et les médiats ne parlaient plus que de ça. De cette histoire incroyable et si intense. L’histoire d’un écrivain raté qui rencontre le diable dans le train et lui vend son âme pour écrire à nouveau. Mais les choses tournent mal lorsque les choses qu’il écrit se réalisent. Les journalistes blaguent sur les similitudes entre le personnage et l’auteur, et la question qui revient : « quand est née cette histoire ? ». « Dans le train ! » répond l’auteur sous le rire des téléspectateurs.

Oui, il a eu son idée dans le train. Dans ce train pour Paris qui était bloqué en pleine voie, pendant que lui écrivait une histoire de zombie. Angoissé par le sentiment d’enfermement de ce train à l’arrêt, il respire difficilement, quant une main se pose sur son épaule. C’est son voisin qui lui sourit. Quelque chose sur se visage pouvait déranger et inquiéter. Pourtant, l’écrivain put se calmer. Il inspire profondément et se détend et sans même se rendre compte, il se met à parler à l’inconnu de sa vie raté. Egoïste qu’il est, il n’omît aucun détail. Il raconte ses sentiments sans aucune pudeur, poussé par ce voisin de train que certains qualifieraient de sympathique. Le train est déjà reparti, mais l’écrivain ne se rend plus compte de rien. Il se sent allégé à chaque mot, chaque phrase qui sortent de sa bouche. Il commence à percevoir une quiétude qu’il n’avait plus ressenti depuis bien des années et s’abandonne totalement et sans retenu à cet inconnu qui le questionne.

 

****

Il hurle dans son sommeil, paniqué par ce visage. Des larmes de sueur dégoulinent sur son torse nu et un frisson lui parcoure la nuque quand il repense à ce rêve. Un rêve qui avait tout l’air d’un souvenir jusqu’à ce que le voisin du train à qui il avait parlé se tourne vers lui et qu’il découvre un horrible visage. Pas un visage balafré de cicatrice, mais un visage monstrueux et surnaturel, avec un sourire pervers comme ceux des clowns qui le terrorisaient enfant. Les yeux de ce visage étaient froids et malsains. Il y voyait ce qu’il refusait d’accepter, son échec. Il y voyait des images qu’il ne saurait décrire tant leurs violences lui faisait peur. Alors même si il est réveillé et qu’il sait que ce n’était qu’un songe, ce visage, gravé dans son esprit, le fait hurler une deuxième fois. Il reste alors allongé sur son lit, complètement paniqué, tentant de se souvenir de la rencontre avec l’homme dans le train. Comprenant maintenant la cruelle vérité, il avait signé sa damnation.


*****

«  Bienvenu à vous chers téléspectateurs qui venez de nous rejoindre en cette soirée consacré au très estimé… ».

Il se tient dans les coulisses, réajustant sa cravate, tandis que le présentateur annonce son nom sous les acclamations des spectateurs. Voilà son heure de gloire se dit-il, celle qu’il avait tant attendue. Pourtant, il est anxieux et la maquilleuse tente vainement de camoufler les cernes violâtres sous ses yeux. Cela fait plus d’un moi qu’il n’a pas eu une nuit de sommeil digne de ce nom.

«  Vous êtes un écrivain renommé depuis plus de quinze ans et après avoir connu une traversée du désert de trois longues années, vous êtes revenu avec ce livre, best seller en l’espace de quelques semaines, un pacte maudit pour la souffrance qui a marqué le début d’une série noire à succès. Cela fait déjà plus d'un an et vos livres sortent à une vitesse incroyable, déjà 7 volumes ! Mais où s’arrêtera votre génie ?! »

Le présentateur s’esclaffe d’un rire qui montre une belle rangée de dents bien blanches. L’écrivain est subjugué par ces dents si incroyablement parfaites. Il n’en est plus à sa première interview, il ne devrait donc pas être si nerveux. Mais il faut dire que depuis quelques semaines, le moindre bruit le fait sursauter. Et il se sent de plus en plus mal à l’aise de parler de ses livres. Pourtant chacune de ses œuvres est saluée par les critiques. Il devrait être ravi de cette année de triomphe, être fier. Au lieu de cela, il a une nausée qui lui agrippe l’estomac chaque fois qu’il parle à l’antenne, à chaque dédicace et conférence. Comme s’il rejetait sa réussite. Ce qui serait bien évidement idiot, il tente de se ressaisir et fait répéter la question que le présentateur vient de lui poser.

 «  Comment expliquez-vous votre retour ? Est-ce à cause de votre changement de genre ? Car rappelons nous, vous vous êtes fait connaître avec des ouvrages tel qu’Au détour d’un livre, Celle qui aurait put s’appeler Alice, la saga Apocalypse et bien entendu la célèbre trilogie Le lien invisible ; chacun de ces livres étant du genre fantastique et science fiction. Alors que depuis un an, vous vous focalisez sur un genre bien différent, celui du thriller. Pourquoi ce retournement ? Aviez-vous l’impression d’avoir suffisamment approfondi le genre SF ? »

Et voilà, pile la question qu’il redoutait. Que pourrait-il dire pour expliquer son nouveau style d’écriture, alors que lui-même n’y comprenait pas grand-chose. Quand il s’était mis à écrire Un pacte maudit pour la souffrance, il prévoyait au départ une histoire de zombie. Mais depuis qu’il était rentré sur Paris, les seuls mots qu’il réussissait à écrire sur son écran d’ordinateur étaient sombres et racontaient la mort et la désolation. Il les écrivait avec un tel réalisme que lui-même s’était senti perdu, mais pas longtemps ! Car, quand il vit l’impact que son nouveau roman avait sur le public il comprit qu’il était de nouveau sur les rails. Maintenant, toutes ses histoires voient naître un sérial killer qui tue à tour de bras, ou une super catastrophe. Il n’y a plus de place pour l’espoir ou la vie. Sans qu’il ne comprenne, les gens adoraient ça. Alors il inspire, jette un regard à la foule pendu à ses lèvres avant d’esquisser un sourire : «  C’est probablement la crise de la quarantaine ! ». Le public rit de bon cœur, réceptif aux paroles de leur idole. « Nan, plus sérieusement, je pense que je m’étais lassé de raconter des histoires fantastiques, j’avais la sensation de tourner en rond. Je pense que j’avais besoin d’un nouveau départ, ce que le thriller m’a permit ! J’ai pu écrire des choses nouvelles, créer des ambiances plus sombres qui convenaient peut-être plus à mon état d’esprit. ». Au moment où il dit ces mots, il les regrette aussitôt.

«  Votre nouvel état d’esprit ? »

Le public retient sa respiration, en attendant la réponse de l’écrivain. Celui-ci aurait voulu se mordre la langue. Il n’avait pas envie de rentrer dans ce genre de détail. L’écriture était une chose personnelle qui ne devait être expliquée. Elle était le reflet de ses pensées intimes, même s’il s’évertuait toujours à dire que ce qu’il écrivait n’était que fiction. Tout ça, c’était un mensonge, une comédie qu’il jouait depuis bien longtemps en prétendant imaginer tout ce qu’il écrivait. Car tous ses mots sortaient de lui, chaque émotion, chaque meurtre sortait de ses tripes et dépeignait le dragon qui vivait au fond de ses entrailles. Ce monstre était en lui, il avait fini par l’accepter (que faire d’autre) et il ne voulait pas le partager avec le reste du monde. Alors, de ses lèvres il dessine son plus beau sourire, il réajuste ses lunettes sur son nez et se prépare à déblatérer son discours d’écrivain très intelligent : « Je pense que j’avais besoin… ».

 

 « J’avais besoin d’écrire, pour subsister. Mais maintenant que je l’ai perdu, que me reste-t-il ? ». Il se tourne vers son voisin qui le regarde d’un air compatissant. Tout en lui, poussait l’écrivain à la confession. S’il devait décrire cet homme devant lui, il dirait qu’il avait une allure banale, le genre de personne que l’on oublie facilement. Pourtant, il y avait dans ses yeux un quelque chose d’inexplicable qui le rendait intriguant et qui le poussait à se dévoiler. Des yeux d’un gris limpide qui le forçait à parler mais aussi à écouter :

« Si je peux me permettre cher voisin, peut-être devriez-vous changer certaines choses. » L’écrivain eu un mouvement de recul. Arrêter d’écrire ? Jamais.

« Oh, ne vous inquiétez pas, je ne parle pas d’arrêter l’écriture. Je pense que vous avez un réel talent pour cela. »

C’était comme si l’homme avait su lire en lui. Il avait comprit que sa vie ne tournait qu’autour des livres et que sans cela, il n’était que l'ombre de lui-même.

« Non, je pense simplement que vous avez fait le tour du genre fantastique et qu’il faudrait que vous écriviez une nouveauté, un roman plein de surprises et qui vous permettrait d’y jeter toute vos frustrations. La série noire et les thrillers par exemple… ».

Les derniers mots résonnaient dans sa tête comme les pulsations excitées d’un cœur qui bat : « les thrillers par exemple… ».

 


*****

Il réussi à se trainer par terre et rampe jusqu’aux toilettes. Le sol est jonché d’anciennes coupures de journaux. Comment vivre en sachant le mal que l’on a fait, chaque nuit il entendait les âmes de ceux qu’il avait damné. Désormais, les seules odeurs qui lui parvenaient étaient celles de brûlé, une senteur acre qui lui prenait la gorge et l’étouffait. Sa vessie enfin vidée, il retourne en rampant dans la pièce principale et s’allonge au milieu des journaux. Il est si las. Il attrape plusieurs pages et regarde l’une d’elle dans un soupir. L’article est daté du mois de septembre de l’année passée et le titre en gras : « Découverte macabre dans un jardin. Une famille viens d’être retrouvé, enterré dans … ». Il jette la feuille. Sur celle d’en dessous, il est écrit : « En ce jour de février, un groupe d’adolescents venu s’amuser a découvert dans une cave, une vingtaine de corps mutilés. L’un d’eux nous a dit : C’est à cause de l’odeur. Une véritable puanteur. Je ne pourrais jamais oublier, ça ma pris le nez j’avais envie de vomir, c’était horrible… Les jeunes encore sous le choc ont appelé les autorités compétente qui sont arrivé et on constaté… ». Les autres pages qu’il tient dans les mains sont des recherches de personnes disparues. Un mari offre de l’argent pour toute information qui l’aiderait à retrouver sa femme, car ses enfants l’attendent dit-il. Des parents cherchent leur fils de quatorze ans, tandis que sur une autre affiche, il y a la photo d’une étudiante de dix-neuf ans disparue depuis trois semaines. On ne l'a plus vue depuis qu’elle a quitté ses cours aux beaux-arts à dix-neuf heures trente. Il ne prend pas la peine de lire le reste, il jette le tout par terre puis se roule en boule avant d’hurler de douleur et laisser libre cours à ses larmes. La pièce, des murs au sol, est couverte de coupures de journaux, toutes parlent de meurtres et de disparitions et lui, allongé au centre ne supporte plus le regard des victimes. Il se frappe encore et encore comme pour expulser le mal qui le ronge de l’intérieur. Pour expulser les yeux innocents qui le regardent, qui le brule et le ronge. Le dragon dans son ventre s’étire et ronronne, bientôt, dit-il, tu seras à moi

 

******

Flash info. Hier dans la soirée, les cinq corps de la famille qui avait disparue depuis plus d’un an, on été retrouvés. « Les premières analyses de l’enquête, » explique un policier, « laisse supposer qu’ils ont été assassinés la première nuit de leur disparition, puis enterrés dans le jardin du voisin d’à coté. » Le voisin, qui faisait des travaux pour construire une piscine,a découvert les corps avec les ouvriers en fin de journée et ils ont immédiatement appelé la police…

Il vient tout juste de rentrer après quatre heures de train et de métro, d’une séance de dédicace ; il est épuisé. Epuisé car toute les nuit il est torturé de rêves insolites et macabres où se succèdent chasses et meurtres. Chaque matin il se réveille éreinté mais ce sont ses cauchemars qui le font écrire, alors il ne devrait pas se plaindre, n’est-ce-pas ? Pourtant, c’est justement sa vitesse d’écriture et le réalisme de ses écrits qui le perturbe. Les rêves qu’il fait commencent à le terrifier, mais bien sûr il ne l’avouera jamais. Aujourd’hui, pendant qu’il signait un autographe, la dame lui a demandé comment il trouvait l’inspiration et surtout comment il arrivait à écrire du point de vue du tueur ses livres, avec une émotion si vraie. Alors il a répondu comme un automate, l’écrivain connait l’empathie et tout comme les acteurs, il doit se fondre dans les personnages qu’il écrit. Jamais il ne pourra avouer avoir rêvé au préalable des scènes de mort qu’il décrit dans ses romans ; pour qui le prendrait-on après ? Il baille, pose son sac et envoie un rapide message à son éditrice : « je suis bien rentré. A demain »avant de s’étaler sur son canapé et d’allumer la télé. Il tombe immédiatement sur la chaine des informations.

Malgré l’état de décomposition avancé, dû à un sol très humide, les corps ont immédiatement pu être identifiés. Revenons sur les jours qui ont précédés la disparition de cette famille en apparence sans histoire. Les parents revenaient de vacances avec leurs trois enfants, une adolescente de seize ans, un garçon de treize ans et leur dernière de cinq ans…

Il laisse sa tête aller vers l’arrière, pas vraiment intéressé par les informations. Il laisse son esprit aller et venir, planifiant les futures vacances qu’il pense avoir bien mérité. Après tout, en deux ans, il a écrit près de sept livres de la même série, chacun d’eux ayant cartonné, il a gagné assez pour partir quelque mois loin de tout en Nouvelle-Zélande. Lui qui a toujours rêvé d’aller là bas, pour ses volcans, ses paysages insolites et surtout pour une solitude qu’il espère tannt retrouver. Oui, c’est décidé. En septembre il part pour six mois loin de tout, pour un dépaysement total. A cette pensée, il esquisse un sourire et se relève afin d’attraper son portable pour en parler avec son éditrice. Elle ne sera pas ravie, mais elle comprendra. La main posé sur le téléphone, il s’arrête soudain, puis s’empresse de monter le son de la télé.

Nous avons pu observer certaines similitudes entre les meurtres de la famille retrouvée dans le jardin, avec les meurtres du premier roman de la série : « Un pacte maudit pour la souffrance ». S’agit-il d’un fanatique qui aurait reproduit les crimes du livre ? C’est à cette question que la police va maintenant devoir répondre…

Il ne comprend pas. Le journaliste continue de parler, montrant en quoi les meurtres étaient liés. Il est sous le choc, complètement abasourdi. Le téléphone sonne, c’est son éditrice, alors il décroche mais sans vraiment prendre part à la conversation. Elle lui demande s’il a vu les informations, puis le rassure. Elle le prévient que la police l’a appelé car ils aimeraient l’interroger. Mais pas comme suspect prévient-elle, plutôt comme conseiller puisque l’affaire semble tourner autour de son roman. Elle lui demande de ne pas s’inquiéter, elle s’occupe de tout. Elle ajoute que toute cette histoire ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir.

 

******


Il tentait de se rappeler. Mais il avait lut ce roman au lycée, et toute cette période de sa vie n’étant qu’un mauvais souvenir, il s’évertuait à l’oublier.

«  Dorian Grey dites vous ? Il me semble avoir lu ce livre, mais je ne m’en souviens plus du tout. Pourquoi ? ». Il regarde son voisin qui lui sourit. Se demandant comment ils avaient pus dévier la conversation vers un roman.

«  Et bien, de manière un peu succincte, c’est l’histoire d’un jeune garçon, qui pour garder son apparence, sa jeunesse et sa beauté, va faire un pacte avec le diable. Personnellement, j’aime beaucoup cette histoire. Elle montre la force humaine. » L’homme regarde alors dehors, tandis que le train continue de filer à vive allure. L’écrivain le dévisage, il vient d’en apprendre davantage sur son voisin. Cet homme connait désormais tout de lui,  mais lui si peu. Puis il repense à ce que l’étranger vient de lui dire et il commence à se rappeler le livre :

" Sa force, mais j’aurais plutôt dit la faiblesse humaine. "

" C'est une question de point de vue... "

Alors, l’écrivain réfléchi à cette force ou faiblesse, s’imaginant dans la même situation, accepterait-il un tel pacte pour retrouver son talent et sa gloire d'antan ?

 

*******

Ça fait maintenant deux semaines qu’il n’a plus écrit un mot et qu’il est enfermé chez lui. Il y a des images dans sa tête, une pulsion qui lui intime de sortir et d'écrire. Mais il veut la combattre coûte que coûte cette pulsion. Car maintenant, il connait la triste vérité. Il a fait une chose horrible et il le paie désormais le prix fort. Les premiers jours sans écrire on étés les plus difficiles, mais ça va mieux. Bien que la fièvre ait prit possession de son corps et l’agite tel une vulgaire marionnette, convulsant au gré de ses envies. Comme si son corps ne lui appartenait plus vraiment, son corps est un amas de chair contrôlé par son dragon, il le sait ; il le sait, car il l’a vu. Il les voit, ceux des photos, ils se rient de lui et le harcèlent. Ils lui disent de tuer. Mais il ne veut plus alors il les ignore. Mais il y a des choses qui ont commencé à venir. C’était il y a deux nuits de cela. Il s’agitait dans son lit à cause de la fièvre lorsqu’il les a entendus. Il les a entendus ramper puis gratter. C’était il y a deux nuits. Maintenant, il est debout et de la sueur coule sur son front. Son tee-shirt est trempé et au coin de ses lèvres on devine un filet de vomi. Il tient sa tête entre ses mains et pousse un hurlement qui fait trembler les murs de son appartement. « Sortez tous, sortez… ». Car il les voit désormais, les créatures qui se cachent dans l’ombre des objets et sous son lit. Il leur jette des livres, un morceau de chaise, car tous les autres meubles sont cassés.

« Arrête, je t’en prie. C’est moi, ton éditrice. Écoute-moi… »

Mais il n’écoute plus car il sait que ce sont des mensonges. Il voit la créature devant lui, un monstre aux longues dents pointues et aux griffes plus acérées que son dragon. Alors il agite devant lui le reste de la chaise en criant : «  Vous ne l’aurez pas. C’est mon âme et vous ne lui donnerez pas. »

 

********

 Il y a un long couloir, interminable et froid ; si froid et impersonnel. Normal, après tout on n’attend pas du 36 quai des orfèvres qu’il soit chaleureux pour accueillir les criminels. Ils doivent se sentir étouffées, pris au piège. C’est d’ailleurs ainsi que se sent l’écrivain sur sa chaise, tremblant dans la petite pièce en plein interrogatoire.

« Bien, reprenons, où étiez vous cette nuit là, où la famille a disparu ? »

Il leur avait déjà dit bien sûr, mais les flics peuvent se montrer coriaces et têtus. Depuis des heures que l’interrogatoire durait, on lui reposait sans cesse les même questions. Sûrement dans l’idée de lui faire commettre une erreur. Mais il savait quoi répondre, il s’était entrainé. Alors il inspire une grande bouffée d’air, lève la tête vers les deux policiers en face de lui et répond d’une voix blasé : « Je vous l’ai déjà dis, j’étais en déplacement dans le sud de la France pour une conférence. Demandez à mon éditrice si vous ne me croyez pas. ». Il croise ses mains et s’appuie sur le dossier de son siège, satisfait. Il sait que son éditrice à déjà été interrogé et qu’elle a confirmé sa version de l’histoire. Après tout, c’est-elle qui en a eu l’idée. Après ce premier journal télé qui parlait des similitudes entre l’affaire de la famille dans le jardin et l’un de ses romans, son éditrice avait pris les choses en main et répondait aux interviews à sa place ; il était trop choqué, disait-elle, pour faire le moindre commentaire. Mais c’était en fait pour éviter la moindre gaffe de sa part qui risquerait d’envenimer la situation. Puis les choses se sont compliqués quand ils ont découvert une cave remplit de corps mutilés. Certaines tortures étaient les mêmes que dans certains de ses livres, où le héros, sérial killer, s’amusait avec ses victimes. Il n’était pas encore l’un des principaux suspects, mais les gens ont commencé à se dire que les romans qu’il écrivait, était la base de ces massacres et de ces disparitions. Alors il est devenu leur cible, le parfait bouc émissaire. Et cela ne s’est pas arrangé quand ils ont comprit que certain des cadavres de cette cave avaient été tués avant la publication du roman. Bien sur, connaissant quelqu’un de doué en informatique, ils avaient réussi à bidouillé son ordinateur et remplacé la date d’écriture du fichier où il avait rédigé la scène, afin de prouver qu’il avait écrit les scènes avant les meurtres ; bien que cela ne soit faux. Durant tout ce temps, son éditrice est restée auprès de lui, lui procurant des alibis quand il en avait besoin. Ce n’était pas par bonté de cœur qu’elle faisait cela, mais pour sauver son gagne pain, il la connaissait bien. Mais c’était toujours ça, elle l’avait sortie d’affaire à plusieurs reprises. Il n’avait pas demandé d’avocat pour les interrogatoires. Devant les journalistes, il avait déclaré que seul les coupables on besoin d’avocat. Il était innocent et il avait confiance, la justice saurait trouver le véritable coupable. Quand il s’était vu à la télé après, il aurait lui-même pu croire à son innocence, tant il avait été convaincant. Mais bien sûr lui, il savait la vérité. La vérité, c’était qu’il n’avait aucun alibi pour ses meurtres car il était chaque fois seul chez lui en train de dormir. Enfin c’est se qu’il espérait. Car depuis quelques temps, il avait des sortes d’absences, des trous de mémoire. Quand toute cette histoire avait commencé, il s’était mis à paniquer, terrifié à l’idée d’être bel et bien le coupable. Mais il s’était raisonné. S’il était le coupable à cause d’une quelconque schizophrénie, il y aurait quand même eu des marques : du sang sur ses vêtements, des marques de blessure ou autre. Pourtant il n’avait rien remarqué de cela. Quand il se réveillait de ses absences, il était dans son lit, habillé et sans aucune trace alarmante. Il s’était donc persuadé que ses black out étaient simplement dus au surmenage.

Les flics lui posent devant les yeux des photos de corps retrouvés que l’on a assimilé à ses livres. Il les regarde sans trop savoir quoi en penser. Puis il s’arrête sur une photo. Celle d’une jeune femme, une étudiante lit-il en dessous de l’image. Celle-ci lui est familière ; le doux souvenir d’une rencontre. Il la regarde, elle est si belle. D’une beauté encore juvénile avec un quelque chose dans le sourire de provocateur. Il se souvient de ce sourire qui lui disait oui  mais comment puis-je me souvenir d’elle ? , et de ses yeux noir si dur. Il l’avait choisi dans la rue car son allure d’enfant était en total confrontation avec se qui émanait d’elle. Il se souvenait très bien, elle l’avait inspiré, alors il l’avait suivit jusqu’à cette rue. Elle s’était retournée et il avait croisé son regard. Ce regard était une invitation, il le savait. Il se souvient de sa bouche qui est-elle ? , il se souvient de cette fille qui se riait de lui et il se souvient de ses mains qui lui on agrippé le cou et serré, tandis que ses magnifiques yeux noir pleuraient, l’imploraient. Je ne devrais pas me souvenir de cette fille, je ne l’ai jamais rencontré ; n’est-ce pas ?...

 

« Le train va entrer en gare de paris Montparnasse, vérifiez que vous n’avez rien oublié à votre place… ». Toujours assis dans ce train, il repense à ce que l’homme viens de lui dire. S’il y avait un moyen pour qu’il retrouve la passion de l’écriture, alors il n’y avait pas à hésiter. Il se tourne vers son voisin, à la fois songeur et heureux : « Oui. Je ne crois ni au paradis, ni à l’enfer. Alors, oui je signerais ce pacte et vendrais mon âme au diable pour que ma muse retrouve le chemin de mon esprit. Je serais capable de tout pour écrire de nouveau, capable de tout… »

 

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Maintenant il comprend qu’il mérite toute cette souffrance. Il s’était damné par orgueil, pour retrouver un semblant d’existence. Il ne lui restait plus qu’une chose à faire. Alors il attrape son ordinateur, ouvre un fichier Word et commence à écrire. Il raconte la douleur et le chaos qui on prit place dans son corps, que chaque nuit il est hanté par des images de mort. Je suffoque et m’enfonce dans la noirceur de mes fantasmes. Ils ont gagné explique-t-il, les monstres ont gagné, cardésormais je ne possède plus mon âme. Ils m’ont suivit, harcelé. Qu’aurais-je pu faire contre eux ? Ils m’épient et il n’était pas assez fort pour les contrer. Alors il a continué d’écrire, comme ils le souhaitaient, il a écrit en sachant le mal qui en émanait. Il était une fois, l’histoire d’un dragon qui pourrissait le cœur en distillant années après années la peur et le dégoût. C’est l’histoire de mon dragon, celui qui à la fin de mes études m'a murmuré que je n’étais pas assez doué. Il s’est joué de ma raison, me montrant chaque jour mes échecs, prenant plaisir à ma dépression. J’étais encore jeune, mais déjà je savais, par les chuchotements de mon dragon, que j’étais un être médiocre et que seule l’écriture pouvait m’élever. Mais voilà, sa passion s’en était allé, le laissant sans aucune autre ressource pour le retenir à cette vie. Sommes nous encore des hommes lorsque toute foi a désertée nos membres ? Car là était bel et bien la question : si l’on ne ressent plus rien, pouvons nous affirmer que nous sommes encore vivant ? Il s’était cru mort, voilà son excuse pour expliquer sa faiblesse ; ou sa force, dirait mon voisin de train. Son voisin de siège, il l’avait recherché, pour comprendre les étranges cauchemars qui le torturaient. Mais sans succès. Au fur et à mesure que les médiat dévoilaient les anomalies de certaines affaires, les rapprochant de ses romans, il s’était questionné. Etait-il devenu un meurtrier pour retrouver le goût de l’écriture, ou bien avait-il créé un monstre assoiffé de sang quand il écrivait ses histoires ? Mais surtout, est-ce la faute de cet homme qui souriait un peu trop dans ce train pour Paris ? Ce pouvait-il qu’il soit … Mais il ne pouvait prononcer ces mots, ni même les écrire dans cette lettre. Il n’osait avouer, la honte l’écartelait bien plus que la culpabilité. Mais j’aurais dû savoir que rien n’était gratuit, il y a toujours un prix à payer. S’il voulait être honnête, il devrait dire qu’il savait qu’il y aurait une contrepartie, et s’il était parfaitement sincère, il vous dirait qu’il faut faire des choix. Et que si c’était à refaire, il referait surement le même sans une pensée pour les âmes qu’il a damné en contrepartie de la sienne. Alors oui, il avoue l’excitation à l’écriture de ses nouveaux romans, mais ce n’est pas entièrement ma faute, il m’a forcé, alors j’ai signé un pacte avec lui, j’ai donné mon âme au diable…

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«  Le célèbre écrivain a été interné hier après-midi, après avoir essayé d’attenter à sa vie. C’est l’une de ses proches qui, alarmée par son état psychique, a alerté les autorités. Il aurait laissé une lettre qui prouverait se culpabilité dans différentes affaires de meurtres, mais les psychanalystes parle de dédoublement de la personnalité et il a donc été jugé inapte. Il semblerait que l’écrivain avait depuis déjà quelque temps perdu pied, sombrant dans une dépression puis dans la démence, persuadé d’être devenu l’objet du diable. Il ne fait aucun doute que… »

Il s’est réfugié dans le coin, comme si les murs pouvaient le consoler, le protéger. La télé continue de couiner, mais il ne comprend plus se qu’elle raconte, il ne comprend plus grand-chose à présent. Il presse ses mains sur ses oreilles, faisant non de la tête, non, je ne vous écoute plus. On le croit fou, mais il sait lui, il connait la vérité. Ils sont tout autour de lui et jubilent de le voir ainsi. Il crie de toutes ses forces, mais rien n’y fait. Il entend encore et encore le rire du diable : Tu m’appartiens et tu dormiras l’éternité entre mes bras. Il se débat, voulant fuir à tout pri. Il regarde droit devant lui, il voit deux billes lumineuses s’avancer. Les yeux du mal se dit-il. Alors il hurle, voyant les yeux prendre possession de son corps. Il sent une ombre s’agiter en lui, une main qui agrippe ses tripes. Il vomit, pleurant comme un enfant terrifié. Viens recevoir ton baiser qui scelle ce pacte maudit pour ta souffrance... 


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