Thème 1 : Le cavalier sur la plaine.

Publié le par anais

La nuit a quelque chose de magique. Nous sommes à la merci des éléments totalement étrangers aux forces mis en œuvres pour garantir l’équilibre ; la nuit a quelque chose de magique. Elle nous apparait dans toute sa grandeur, dans tout son effroi. Elle nous terrifie, nous apaise et nous attire ; la nuit a quelque chose de magique.

 

Il restait là, fier sur sa monture. Entre ses cuisses il sentait la respiration de son cheval qu’il apaise par une caresse sur l’encolure. Il inspire un grand bol d’air et apprécie cet instant pour ce qu’il est, l’instant où il est en vie. Un bleu d’encre colore le ciel parsemé de milliers d’étoiles si belles, si loin. Une lune bien ronde illumine la pleine, que même le brouillard qui ce lève dans les marais en contre bas ne pourrait masquer. Tous dans ce magnifique tableau pourrait nous faire oublier où nous sommes, s’il n’y avait l’odeur. Une odeur de décomposition, une odeur de mort. Une odeur qui soulève le l’estomac, une odeur qui vous prend aux tripes et qui vous plie à quatre pattes et vous fait rendre tous ce que vous avez ou pas ingurgité. Mais lui, il n’était pas à quatre pattes. Lui restait là, observant les merveilles de la  nuit alors que le reste de ces compagnons gisaient à ces pieds, la plupart des membres découpés, marinant dans le sang coagulé, la boue et les excréments. Un long silence peignait cette pleine. Un silence incertain, empli d’un quelque chose d’inexplicable, étroitement lié à ce cavalier ; à la fois beau et terrible, à la fois envoutant et irritant. Le seul son qui nous parvenait était les mouches qui heureuses dans se décor lugubre, en profitaient pleinement.

 

C’est au lever du soleil, lorsque la nuit s’en va, que tout change. L’obscurité laisse place à une lumière aveuglante qui promet milles tortures. C’est au lever du soleil que tout change, car le mal nous apparait alors dans toute sa vérité, dans toute son horreur que la nuit ne peu plus déguiser en merveille. Un cavalier sur la plaine, la mine soucieuse, surveille l’horizon. Au loin, le ciel est un mélange d’orange, de rouge et de bleu sombre tandis que l’herbe a la couleur du sang. C’est au lever du soleil, lorsque la nuit sans va, que tout change.

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